Le regroupement familial permet à un étranger non européen qui réside légalement en Espagne de faire venir son conjoint ou partenaire, ses enfants et, sous conditions, ses parents. Il est régi par les articles 65 à 71 du RD 1155/2024, le règlement entré en vigueur le 20 mai 2025 qui a remplacé l’ancien règlement de 2011. Cette page décrit le régime général, celui qui s’applique lorsque la personne installée en Espagne est elle-même titulaire d’une autorisation de résidence ordinaire.
Deux situations relèvent d’autres textes : si vous êtes espagnol, votre famille obtient la résidence de membre de la famille d’un citoyen espagnol (articles 93 à 99) ; si vous êtes français ou d’un autre État de l’Union, vos proches demandent la carte communautaire (RD 240/2007). Les titulaires d’une autorisation de la loi 14/2013 (nomade digital, hautement qualifié, entrepreneur) déposent la demande de leur famille auprès de l’UGE, en même temps que la leur.
Qui peut regrouper, et à partir de quand
Le regroupant doit avoir résidé légalement un an en Espagne et avoir demandé l’autorisation de résider au moins une année de plus (article 68.1) : en pratique, la demande se dépose une fois le renouvellement sollicité, et le regroupement n’est accordé qu’après ce renouvellement. Les résidents de longue durée peuvent regrouper leurs ascendants sans attendre ce délai. Le délai d’un an est celui du regroupant, pas celui du membre de la famille : l’idée répandue selon laquelle la famille devrait d’abord passer deux ans en Espagne est fausse.

Quels membres de la famille peuvent être regroupés
- Le conjoint, à condition qu’il n’y ait pas de séparation, ou le partenaire enregistré ; un seul conjoint ou partenaire peut être regroupé.
- Le partenaire stable non enregistré, en prouvant douze mois de vie commune, sans condition de durée s’il y a des enfants communs (article 66).
- Les enfants mineurs du regroupant ou de son conjoint ou partenaire, et les enfants majeurs qui dépendent objectivement de lui en raison de leur état de santé. Pour un enfant d’une précédente union, le regroupant doit exercer seul l’autorité parentale ou avoir la garde avec le consentement de l’autre parent.
- Les ascendants de plus de 65 ans qui sont à sa charge et n’ont pas de soutien dans leur pays ; en dessous de 65 ans, seulement pour des raisons humanitaires. Les ascendants ne peuvent être regroupés que lorsque le regroupant est résident de longue durée, sauf exception.
- L’enfant majeur qui s’occupe d’un regroupant dépendant.
Pour un couple franco-marocain, franco-algérien ou franco-sénégalais dont l’un des membres vit déjà en Espagne avec un titre ordinaire, c’est donc la voie normale pour réunir la famille, même si le mariage a été célébré à l’étranger ; l’acte de mariage devra être légalisé ou apostillé et traduit.
Ressources, logement et assurance
L’article 67 fixe trois conditions matérielles :
- Ressources : 150 % de l’IPREM pour une famille de deux personnes et 50 % de l’IPREM par personne supplémentaire. Avec un IPREM 2026 de 600 euros par mois, cela représente environ 900 euros mensuels pour deux et 300 euros de plus par membre additionnel. Le montant peut être réduit lorsque des enfants mineurs sont concernés. Les ressources se prouvent par le contrat de travail et les bulletins de salaire, la déclaration d’impôt, les relevés bancaires ou, pour les indépendants, les déclarations fiscales et les cotisations.
- Logement adéquat : un rapport de la communauté autonome ou de la mairie atteste que le logement convient à la famille (nombre de pièces, équipements, titre d’occupation). Il doit être délivré dans le mois ; à défaut, il peut être remplacé par d’autres preuves. Voir notre page rapport d’adéquation du logement.
- Assurance maladie publique ou privée couvrant les membres de la famille.

La procédure, étape par étape
- Rapport de logement. Le regroupant le demande à sa communauté autonome ou à sa mairie avant de déposer le dossier.
- Dépôt par le regroupant au bureau de l’immigration de sa province, avec son titre de séjour et la preuve de son renouvellement, les justificatifs de ressources, le rapport de logement, l’assurance, le passeport du membre de la famille et les actes d’état civil légalisés et traduits qui prouvent le lien (mariage, naissance, partenariat ou douze mois de vie commune, dépendance des ascendants).
- Décision dans les deux mois (article 68.6). Le silence vaut rejet : il ouvre les recours mais ne clôt pas le dossier, l’administration restant tenue de statuer. Les antécédents figurant dans le rapport de police ne peuvent pas motiver seuls un refus (article 68.4).
- Visa au consulat. Une fois l’autorisation accordée, le membre de la famille demande en personne son visa de regroupement au consulat d’Espagne de son pays de résidence, dans le délai indiqué dans la décision, en produisant notamment son casier judiciaire et un certificat médical.
- Entrée en Espagne et carte d’identité d’étranger (TIE), à demander en personne dans le mois suivant l’arrivée.
Durée, droit au travail et renouvellement
L’autorisation du membre de la famille a la même durée que celle du regroupant, avec un minimum d’un an (article 68.9). Le conjoint, le partenaire et les enfants regroupés peuvent travailler, comme salariés ou indépendants, sans aucune formalité supplémentaire (article 65.2).
Le renouvellement se demande dans les deux mois précédant l’expiration ou dans les trois mois suivants (article 71.1), en prouvant que le lien familial subsiste, que les enfants d’âge scolaire sont scolarisés et que la taxe est payée ; l’effort d’intégration peut être pris en compte lorsqu’une condition fait défaut. L’administration dispose de trois mois et son silence vaut acceptation (article 71.5). L’autorisation renouvelée dure quatre ans et autorise à travailler sans limitation, sa validité restant liée au titre du regroupant (article 71.6).

Devenir indépendant du regroupant
Le conjoint ou partenaire regroupé peut obtenir une autorisation de résidence et de travail indépendante après un an, s’il dispose de ressources propres ou remplit les conditions d’une autorisation de travail (article 69.1) ; en cas de rupture, s’il justifie d’un lien de trois ans dont un an de vie commune en Espagne, ou de la garde des enfants, en le demandant dans les six mois ; immédiatement en cas de violence ou de décès du regroupant, avec une autorisation de cinq ans. Les enfants deviennent indépendants à la majorité, soit en remplissant ces conditions, soit après cinq ans de résidence. Le membre de la famille regroupé peut lui-même regrouper ses proches une fois titulaire d’une autorisation indépendante (article 70). Détails sur la page résidence indépendante des membres de la famille regroupés.
Refus : vos recours
Les refus portent le plus souvent sur l’insuffisance ou l’irrégularité des ressources, sur le rapport de logement ou sur la preuve du lien familial. Vous disposez d’un mois pour un recours gracieux devant l’autorité qui a statué ou de deux mois pour un recours contentieux devant le tribunal administratif (articles 123 et 124 de la loi 39/2015 ; article 46 de la loi de la juridiction administrative). Le juge admet des justificatifs qui n’avaient pas été produits en temps utile, ce qui rend souvent le contentieux plus efficace qu’une nouvelle demande. Voir recours en droit des étrangers.
Ce que nous faisons pour vous
- Vérifier en consultation que le regroupement familial est la bonne voie, que le regroupant remplit la condition d’un an et que les ressources atteignent le seuil, avec un calcul écrit.
- Obtenir le rapport de logement et constituer le dossier, y compris la légalisation et la traduction des actes marocains, algériens, tunisiens ou sénégalais.
- Déposer la demande, suivre le délai de deux mois, répondre aux demandes de pièces et préparer le rendez-vous au consulat.
- Gérer ensuite la TIE, le renouvellement, le passage à la résidence indépendante et, si nécessaire, les recours.
La première étape est une consultation en ligne de 30 minutes à 49 € TTC, déduits du devis si vous nous confiez votre dossier. Les honoraires de chaque démarche vous sont communiqués par écrit, dans une lettre de mission, avant tout dépôt.
Guide pratique : Apostille ou légalisation des actes algériens, marocains, tunisiens et sénégalais.
Questions fréquentes
Combien faut-il gagner pour un regroupement familial en Espagne ?
150 % de l’IPREM pour deux personnes et 50 % par personne supplémentaire (article 67 RD 1155/2024). Avec l’IPREM 2026 de 600 euros, cela représente environ 900 euros par mois pour deux et 300 euros de plus par membre additionnel. Le seuil peut être réduit lorsque des enfants mineurs sont concernés.
Depuis combien de temps dois-je résider en Espagne pour regrouper ma famille ?
Un an de résidence légale, et avoir demandé le renouvellement de votre autorisation (article 68.1). Le délai concerne le regroupant, pas la famille. Les résidents de longue durée peuvent regrouper leurs ascendants sans attendre.
Combien de temps dure la procédure ?
Le bureau de l’immigration statue dans les deux mois (article 68.6) ; le silence vaut rejet. Il faut ensuite ajouter le délai du visa au consulat, puis la demande de la TIE dans le mois suivant l’entrée en Espagne.
Mon conjoint pourra-t-il travailler en arrivant ?
Oui. Le conjoint, le partenaire et les enfants regroupés sont autorisés à travailler comme salariés ou indépendants sans aucune formalité supplémentaire (article 65.2 RD 1155/2024).
Peut-on regrouper un partenaire sans être mariés ?
Oui, s’il s’agit d’un partenaire enregistré ou d’un partenaire stable justifiant de douze mois de vie commune, sans condition de durée en présence d’enfants communs (article 66). Un seul conjoint ou partenaire peut être regroupé.
Que se passe-t-il en cas de séparation après le regroupement ?
Le conjoint ou partenaire regroupé peut obtenir une résidence indépendante s’il justifie d’un lien de trois ans dont un an de vie commune en Espagne, ou de la garde des enfants, en le demandant dans les six mois (article 69.2). En cas de violence ou de décès du regroupant, l’autorisation indépendante est immédiate et dure cinq ans.
Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : RD 1155/2024 (articles 65 à 71), loi organique 4/2000 (articles 16 à 19), loi 39/2015 (articles 123 et 124), loi 29/1998 (article 46).