Visa et autorisation de résidence pour les travailleurs du secteur audiovisuel

Tournage, série, concert, festival, post-production : le secteur audiovisuel fait venir en Espagne des artistes et des techniciens étrangers pour des durées très variables, de quelques jours à plusieurs années. Pour les ressortissants de pays tiers, la réglementation prévoit un régime spécifique dont la forme dépend de la durée de l’activité : simple séjour, visa de séjour ou autorisation de résidence.

Cette page résume les trois situations, les documents à réunir, la procédure et les recours. Elle s’adresse aux productions françaises, belges, suisses ou québécoises qui tournent en Espagne comme aux artistes et techniciens maghrébins ou subsahariens engagés par une entreprise espagnole.

À qui s’adresse ce régime ?

À qui s'adresse l'autorisation pour les travailleurs du secteur audiovisuel

Aux artistes et aux techniciens du secteur audiovisuel et des arts du spectacle, qu’il s’agisse d’une prestation en direct ou d’un enregistrement destiné à la diffusion, engagés par une entreprise espagnole ou transférés par une entreprise étrangère pour une production en Espagne. Le motif du déplacement doit être l’activité audiovisuelle ou artistique elle-même.

Trois situations selon la durée

  • Court séjour : activité d’une durée inférieure ou égale à 90 jours sur toute période de 180 jours. C’est la règle Schengen (règlement 810/2009). Les ressortissants soumis à visa demandent un visa Schengen ; les autres entrent sans visa. Le régime audiovisuel permet d’exercer l’activité pendant ce court séjour.
  • Visa de séjour : activité de plus de 90 jours mais inférieure à six mois, délivré par le consulat.
  • Autorisation de résidence : activité de plus de six mois, pour la durée du contrat ou du projet, dans la limite fixée par la réglementation, renouvelable. La demande est instruite par l’UGE (Unité des grandes entreprises).

Le passage d’un court séjour à un visa ou à une autorisation de résidence est possible si la production se prolonge ; il faut l’anticiper avant la fin du séjour autorisé, car le dépassement des 90 jours constitue un séjour irrégulier.

La famille

Pour le visa de séjour et l’autorisation de résidence, le conjoint ou partenaire, les enfants à charge et les ascendants à charge peuvent accompagner le travailleur. Si l’artiste est mineur, ses parents ou tuteurs légaux l’accompagnent et donnent leur autorisation.

Documents

Documents nécessaires pour la résidence des travailleurs du secteur audiovisuel
  • Passeport en cours de validité et photographie.
  • Contrat ou document établissant la relation de travail ou professionnelle avec l’entreprise espagnole, ou la lettre de transfert de l’entreprise étrangère.
  • Preuve de la participation au projet audiovisuel : plan de production, programmation, lettre du producteur.
  • Déclaration de l’entreprise sur son inscription à la Sécurité sociale, ou justificatif de couverture sociale maintenue dans le pays d’origine.
  • Assurance maladie souscrite auprès d’une entité autorisée en Espagne, sans délais de carence ni franchises, lorsque le travailleur n’est pas couvert par la Sécurité sociale.
  • Pour la famille : actes d’état civil légalisés et traduits ; pour un artiste mineur, autorisation des parents ou tuteurs.
  • Justificatif de la taxe.

Procédure et délais

  • Court séjour et visa de séjour : la demande se dépose auprès du consulat d’Espagne du pays de résidence du travailleur, par lui-même, par son représentant légal s’il est mineur ou par un représentant de l’entreprise qui l’emploie ou le transfère. Pour un visa Schengen, la demande se présente au plus tôt six mois et au plus tard quinze jours avant le voyage ; le consulat statue en quinze jours, délai pouvant être porté à quarante-cinq (règlement 810/2009).
  • Autorisation de résidence : l’entreprise espagnole dépose la demande par voie électronique ; elle est instruite par l’UGE. Si le travailleur se trouve hors d’Espagne, il demande ensuite le visa au consulat. Si l’autorisation dépasse six mois, la carte d’identité d’étranger (TIE) se demande dans le mois suivant l’entrée.

Dans la pratique, les délais vont de quelques semaines pour un visa à plusieurs mois pour une autorisation de résidence : les productions ont intérêt à déposer dès que le plan de tournage est fixé.

Refus : vos recours

Refus du visa par le consulat : recours gracieux (recurso de reposición) dans le mois, ou recours contentieux dans les deux mois devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid, compétent pour les consulats (arts. 123-124 loi 39/2015 ; art. 46 LJCA). L’entreprise qui engage le travailleur a qualité pour agir. Voir notre page sur le refus de visa.

Refus de l’autorisation par l’UGE : ses décisions ne mettent pas fin à la voie administrative ; le recours hiérarchique (alzada) se forme dans le mois, puis le recours contentieux dans les deux mois.

Selon le profil, d’autres autorisations de la loi 14/2013 peuvent convenir : le transfert intra-entreprise pour le personnel d’une société de production étrangère, ou l’autorisation de professionnel hautement qualifié pour un poste de direction ou d’expertise.

Ce que nous faisons pour vous

  • Qualification de la situation : court séjour, visa de séjour ou autorisation de résidence, selon le calendrier de production et la nationalité de chaque membre de l’équipe.
  • Dossier de l’entreprise : contrats, lettre de transfert, couverture sociale, preuves du projet.
  • Dossier de chaque travailleur et de sa famille : légalisations, traductions, assurance santé, autorisation parentale pour les mineurs.
  • Dépôt et suivi auprès du consulat ou de l’UGE, TIE à l’arrivée.
  • Recours en cas de refus de visa ou d’autorisation.

Première étape : une consultation en ligne de 30 minutes (49 € TTC), déduite du devis si vous nous confiez le dossier. Les honoraires font l’objet d’un devis écrit et fermé, avant toute démarche, dans une lettre de mission (art. 27 du Statut général de l’avocature espagnole, RD 135/2021). Téléphone et WhatsApp : +34 611 55 64 96 ; courriel : [email protected]. Bureaux à Madrid (Avenida del Mediterráneo 5, 1ºB, 28007) et à Séville.

Questions fréquentes

Un artiste étranger peut-il travailler en Espagne avec un simple visa touristique ?

Le régime du secteur audiovisuel permet d’exercer l’activité artistique ou technique pendant un court séjour de 90 jours au maximum sur 180, à condition que le déplacement ait pour objet cette activité et que l’entreprise remplisse ses obligations. Au-delà de 90 jours, un visa de séjour ou une autorisation de résidence est nécessaire.

Quelles activités relèvent du secteur audiovisuel ?

Les activités artistiques et techniques réalisées en direct ou pour une diffusion : interprètes, réalisateurs, musiciens, techniciens du son et de l’image, éclairagistes, personnel de post-production, entre autres, engagés par une entreprise espagnole ou transférés par une entreprise étrangère.

Faut-il un contrat de travail pour la résidence audiovisuelle ?

Il faut un document établissant la relation de travail ou professionnelle avec l’entreprise espagnole, ou la lettre de transfert de l’entreprise étrangère, ainsi que la preuve de la participation au projet audiovisuel.

Ma famille peut-elle venir avec moi ?

Oui, pour le visa de séjour et l’autorisation de résidence : conjoint ou partenaire, enfants à charge et ascendants à charge. Si l’artiste est mineur, ses parents ou tuteurs légaux l’accompagnent.

Que faire si le consulat refuse le visa à la veille du tournage ?

Vous disposez d’un mois pour un recours gracieux et de deux mois pour un recours contentieux devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid. L’entreprise peut agir aux côtés du travailleur. Si les dates sont passées, le recours garde son objet et le juge fixe une nouvelle période.

Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : règlement (CE) 810/2009 (code des visas), arts. 9, 23 et 32 ; loi 14/2013, art. 76 ; loi 39/2015, arts. 121 à 124 ; loi 29/1998 (LJCA), art. 46 ; décret royal 1155/2024, art. 209.