Vous étudiez en Espagne avec une autorisation de séjour pour études et votre formation se poursuit au-delà de la période autorisée : passage en année supérieure, master après la licence, doctorat, stage non rémunéré ou programme d’échange. Vous devez alors demander la prolongation de votre séjour pour études avant l’expiration de l’autorisation. Sans cela, vous vous retrouvez en situation irrégulière le lendemain de la date de fin.
Depuis le 20 mai 2025, le séjour pour études est régi par les articles 52 à 58 du règlement d’application de la loi sur les étrangers (RD 1155/2024), qui a remplacé le RD 557/2011. Les délais de dépôt, les moyens exigés et les passerelles vers le travail ont changé. Cette page résume ce qu’un étudiant francophone (Maroc, Algérie, Tunisie, Sénégal, Québec…) doit savoir en 2026 pour prolonger son séjour sans rupture de droits.
Lexmovea, avocats en droit des étrangers à Madrid et Séville, prépare et dépose votre demande de prolongation, suit le dossier devant le bureau de l’immigration et le défend en cas de refus.
Qu’est-ce que la prolongation du séjour pour études ?
L’autorisation de séjour pour études est délivrée pour la durée des études, de la recherche, de la formation, du stage non rémunéré ou du volontariat qui la justifie (art. 55 RD 1155/2024). Dans la pratique, elle est souvent limitée à la période d’inscription justifiée, par exemple une année académique. Si votre programme continue ou si vous enchaînez sur une nouvelle formation, l’autorisation doit être prolongée : c’est la démarche décrite ici.
Le séjour pour études (estancia por estudios) n’est pas une autorisation de résidence. C’est un titre de séjour temporaire : il permet de vivre en Espagne et d’obtenir la TIE (carte d’identité d’étranger), mais les années passées sous ce statut ne comptent pas pour la nationalité espagnole par résidence.
La prolongation couvre les mêmes activités que l’autorisation initiale :
- Poursuivre des études dans un établissement d’enseignement reconnu (licence, master, doctorat, formation professionnelle).
- Effectuer un stage non rémunéré qui complète la formation.
- Mener des travaux de recherche ou de formation liés aux études.
- Participer à un échange d’étudiants ou à un service de volontariat.
Les membres de votre famille admis en Espagne avec vous (conjoint, enfants) voient leur séjour prolongé en même temps que le vôtre, à condition de justifier des moyens supplémentaires prévus par le règlement.
Cadre juridique en 2026

- Loi organique 4/2000 (LOEX) sur les droits et libertés des étrangers en Espagne : cadre général du séjour pour études.
- RD 1155/2024, règlement d’application en vigueur depuis le 20 mai 2025 : articles 34 à 36 (visa d’études), 52 à 58 (séjour pour études, prolongation, membres de la famille) et 190 (passage vers une autorisation de résidence et de travail). Il abroge le RD 557/2011.
- Directive (UE) 2016/801 relative aux étudiants, chercheurs, stagiaires et volontaires, transposée par le règlement.
Les pages et forums qui citent encore le RD 557/2011, ses articles 37 à 42 ou les délais de « 60 jours avant / 90 jours après » décrivent un régime abrogé.
Conditions pour prolonger le séjour pour études
Pour obtenir la prolongation, vous devez continuer à remplir les conditions du séjour pour études (art. 53 RD 1155/2024) et justifier que l’activité se poursuit :
- Ne pas être citoyen de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse, ni membre de la famille d’un de ces citoyens relevant du régime communautaire.
- Être admis dans un établissement reconnu et avoir payé l’inscription pour la période suivante (art. 53). Pour un stage, une recherche ou un volontariat : la convention ou le programme qui se poursuit.
- Justifier la continuité des études : relevé de notes et certificat de l’établissement attestant que vous pouvez poursuivre le cursus. Il n’est pas exigé d’avoir validé toutes les matières, mais la progression doit être réelle et documentée. Un changement de filière ou d’établissement est possible ; le bureau de l’immigration vérifie alors la cohérence du parcours.
- Disposer de moyens suffisants pour toute la période demandée : le règlement fixe 100 % de l’IPREM par mois pour l’étudiant (environ 600 € en 2026, IPREM prorogé), 75 % pour le premier membre de la famille (environ 450 €) et 50 % pour chaque membre supplémentaire (environ 300 €) (art. 35 RD 1155/2024).
- Être couvert par une assurance maladie, publique ou privée, souscrite auprès d’un assureur autorisé à opérer en Espagne, pour toute la durée de la prolongation.
- Ne pas avoir d’antécédents pénaux en Espagne. Le bureau de l’immigration demande un rapport de police ; un antécédent n’entraîne pas un refus automatique (art. 54.4).
- Ne pas faire l’objet d’une interdiction d’entrée en Espagne ni d’un signalement aux fins de non-admission dans l’espace Schengen.
- Mineurs non accompagnés de leurs parents : autorisation des parents ou tuteurs précisant l’établissement et la durée du séjour.
- Payer la taxe administrative (quelques dizaines d’euros, actualisée chaque année).
Documents à préparer
Vous déposez des copies et présentez les originaux sur demande. Le dossier type comprend :
- Formulaire officiel de demande de prolongation, rempli et signé (par le représentant légal pour un mineur).
- Passeport complet en cours de validité et copie de votre TIE actuelle.
- Justificatif d’inscription payée pour la période suivante et certificat de l’établissement sur la poursuite des études ou de l’activité.
- Relevé de notes ou attestation de progression académique.
- Preuve des moyens : relevés bancaires, bourse, attestation de prise en charge par la famille. Un garant familial solvable est admis par les tribunaux ; une épargne qui ne couvre pas toute la durée du séjour conduit en revanche au refus.
- Attestation d’assurance maladie pour toute la période.
- Pour les mineurs : autorisation parentale.
- Justificatif de paiement de la taxe.
Les documents établis à l’étranger doivent être traduits en espagnol (ou dans la langue co-officielle de la région) et légalisés ou apostillés (Convention de La Haye du 5 octobre 1961), sauf dispense prévue par un traité international.
Procédure et délais

Quand déposer la demande
Déposez la demande avant l’expiration de votre autorisation, idéalement deux mois avant. C’est la règle générale des renouvellements du RD 1155/2024 (dépôt dans les deux mois précédant l’expiration, ou dans les trois mois suivants avec un risque d’amende pour infraction légère, art. 52.b LOEX), et c’est aussi l’anticipation que le règlement exige pour toute demande d’études déposée depuis l’Espagne (art. 54.3). Le dépôt dans les délais maintient la régularité de votre séjour jusqu’à la décision. Les anciens délais de « 60 jours avant / 90 jours après » du RD 557/2011 ne s’appliquent plus.
Où et comment déposer
La demande est adressée au bureau de l’immigration (Oficina de Extranjería) de la province où se déroulent les études. Elle peut être déposée dans tout registre public ou par voie électronique. Depuis l’arrêt du Tribunal Supremo du 8 juillet 2026, qui a annulé l’obligation générale de relation électronique prévue par le règlement, le dépôt en ligne ne peut plus vous être imposé.
Délai de décision et motifs de refus
Le règlement fixe à deux mois le délai de décision des demandes de séjour pour études déposées depuis l’Espagne (art. 54.3). En pratique, comptez de plusieurs semaines à quelques mois selon la province. Les motifs de refus sont limitativement énumérés par le règlement (art. 54.8) : un refus fondé sur un autre motif se conteste.
Nouvelle TIE
Si la prolongation dépasse six mois, vous demandez en personne votre nouvelle carte d’identité d’étranger (TIE) au commissariat dans le mois suivant la notification (art. 209 RD 1155/2024). Pour une prolongation plus courte, la TIE n’est pas exigée.
Après les études : rester en Espagne
La validité de la prolongation est celle des études (art. 55). À la fin de votre formation, quatre voies permettent de rester légalement en Espagne sans repasser par le consulat :
- Passage à la résidence et au travail (art. 190 RD 1155/2024) : avec le diplôme obtenu et une offre d’emploi ou un projet indépendant, vous remplissez les conditions de l’art. 74, sauf la situation nationale de l’emploi. La demande se dépose dans les deux mois avant ou les trois mois après la fin de l’autorisation ; dès son admission, votre séjour devient une autorisation provisoire de résidence et de travail à temps plein (art. 190.7). L’autorisation accordée dure un an.
- Résidence pour recherche d’emploi ou projet d’entreprise (disposition additionnelle 17 de la loi 14/2013) : réservée aux diplômés de niveau 6 du cadre européen (licence/grado ou supérieur). Durée de 24 mois, non prorogeable ; dépôt dans les 60 jours naturels avant ou les 90 jours après la fin du séjour ; décision en 20 jours, silence positif.
- Résidence pour stage (disposition additionnelle 18) : convention ou contrat de stage ; 12 mois, prorogeables une fois jusqu’à deux ans au total ; décision en 30 jours, silence positif.
- Autorisation de professionnel hautement qualifié (art. 71 loi 14/2013) : offre d’emploi qualifiée au-dessus du seuil salarial fixé par le ministère et révisé chaque année ; procédure devant l’UGE en 20 jours ouvrables.
Si vous ne faites rien avant la fin de l’autorisation, vous êtes en situation irrégulière et devrez, pour revenir étudier, déposer une nouvelle demande de visa d’études depuis votre pays.
Refus : vos recours
Les décisions sur les prolongations de séjour mettent fin à la voie administrative (disposition additionnelle 9 du RD 1155/2024). Vous avez deux options : le recours gracieux (recurso de reposición) dans le mois suivant la notification, devant le bureau de l’immigration qui a statué (arts. 123-124 loi 39/2015), ou le recours contentieux devant le tribunal administratif de la province dans les deux mois (art. 46 LJCA). Tant que le recours gracieux n’est pas tranché, le contentieux n’est pas ouvert (art. 123.2). Le recours hiérarchique (alzada) n’existe pas ici. Les délais se comptent de date à date (art. 30.4 loi 39/2015). Voir notre page recours en droit des étrangers.
Ce que nous faisons pour vous
- Calendrier : nous fixons avec vous la date de dépôt pour ne jamais perdre la régularité du séjour.
- Vérification des moyens, de l’assurance et de la cohérence académique avant le dépôt.
- Constitution du dossier, dépôt et suivi devant le bureau de l’immigration ; réponse aux demandes de régularisation (subsanación).
- Recours gracieux ou contentieux en cas de refus.
- Conseil sur la suite : passage au travail (art. 190), recherche d’emploi, stage, profil hautement qualifié.
La consultation en ligne coûte 49 € TTC (30 minutes, déduits du devis si vous nous confiez le dossier). Pour la gestion complète, vous recevez un devis écrit et fermé avant toute démarche, dans une lettre de mission (hoja de encargo). Téléphone et WhatsApp : +34 611 55 64 96. Courriel : [email protected]. Bureaux à Madrid (Avenida del Mediterráneo 5, 1ºB, 28007) et à Séville.
Questions fréquentes
Quand faut-il demander la prolongation du séjour pour études ?
Avant l’expiration de votre autorisation, idéalement deux mois avant. Le dépôt dans les délais maintient la régularité de votre séjour jusqu’à la décision. Les délais de « 60 jours avant et 90 jours après » appartenaient au RD 557/2011, abrogé depuis le 20 mai 2025.
Combien d’argent faut-il justifier pour prolonger un séjour pour études ?
Le règlement exige 100 % de l’IPREM par mois pour l’étudiant, soit environ 600 € en 2026, plus 75 % pour le premier membre de la famille (environ 450 €) et 50 % pour chaque autre (environ 300 €), pour toute la période demandée. Un garant familial solvable est admis ; une épargne insuffisante pour toute la durée conduit au refus.
Peut-on travailler pendant les études en Espagne ?
Le séjour pour études permet une activité rémunérée compatible avec les études, dans les limites fixées par le règlement d’application (RD 1155/2024). Les stages non rémunérés prévus par la formation sont également couverts. Nous vérifions avec vous ce que votre autorisation permet.
Que se passe-t-il si je ne prolonge pas mon séjour à temps ?
À l’expiration de l’autorisation, vous êtes en situation irrégulière. Un dépôt tardif reste possible pendant un temps limité, avec un risque d’amende, mais si la situation n’est pas régularisée vous devrez repartir et demander un nouveau visa d’études depuis votre pays.
Les années d’études comptent-elles pour la nationalité espagnole ?
Non. Le séjour pour études n’est pas une résidence légale au sens du Code civil : il ne compte pas pour les dix ans (ou deux ans pour certains ressortissants) exigés pour la nationalité par résidence. Le compteur démarre lorsque vous passez à une autorisation de résidence, par exemple par l’article 190 du RD 1155/2024.
Que faire à la fin de mes études pour rester en Espagne ?
Quatre voies existent sans repasser par le consulat : le passage à la résidence et au travail avec le diplôme (art. 190 RD 1155/2024, autorisation d’un an), la résidence pour recherche d’emploi ou projet d’entreprise (24 mois, loi 14/2013), la résidence pour stage (jusqu’à deux ans) et l’autorisation de professionnel hautement qualifié.
Faut-il demander une nouvelle TIE après la prolongation ?
Oui si la prolongation dépasse six mois : vous demandez la nouvelle carte d’identité d’étranger au commissariat, en personne, dans le mois suivant la notification de la décision (art. 209 RD 1155/2024). Pour une prolongation plus courte, la TIE n’est pas exigée.
Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : LO 4/2000 (art. 52) ; RD 1155/2024 (arts. 34 à 36, 52 à 58, 190, 209 et disposition additionnelle 9) ; loi 14/2013 (dispositions additionnelles 17 et 18, art. 71) ; loi 39/2015 (arts. 30, 123 et 124) ; LJCA (art. 46) ; directive (UE) 2016/801.