Lettre d’invitation pour l’Espagne : qui la demande et à quoi elle sert

Vous vivez en Espagne et souhaitez recevoir un parent ou un ami d’Algérie, du Maroc, de Tunisie ou du Sénégal pour quelques semaines ? Ou vous préparez un voyage touristique en Espagne et le consulat vous demande une « lettre d’invitation » ? Ce document sert à prouver l’hébergement du visiteur lorsqu’il ne loge pas à l’hôtel. Il est délivré par la police espagnole, à la demande de la personne qui héberge.

Un point à connaître avant toute chose : Lexmovea n’émet pas de lettres d’invitation. Aucun cabinet d’avocats ni aucune agence ne peut le faire ; seul le commissariat du domicile de l’hôte la délivre. Notre travail se situe avant et après : vérifier que le dossier de visa Schengen de votre invité est cohérent (hébergement, moyens, garanties de retour) et contester un refus de visa devant le consulat ou le Tribunal Superior de Justicia de Madrid.

Qu’est-ce que la lettre d’invitation pour l’Espagne ?

La lettre d’invitation (carta de invitación) est un document officiel par lequel un citoyen espagnol, ou un étranger résidant légalement en Espagne, déclare héberger à son domicile un ressortissant d’un pays tiers pendant un séjour de courte durée. L’hôte la demande au commissariat de police de son lieu de résidence ; la police vérifie son identité, son logement et le lien avec l’invité, puis délivre le document.

Elle ne remplace pas le visa. Si votre invité est soumis au visa Schengen, il doit le demander au consulat d’Espagne de son pays de résidence, selon le code des visas (règlement (CE) 810/2009). La lettre d’invitation n’est qu’une pièce de ce dossier : la preuve d’hébergement. Elle ne garantit ni le visa ni l’entrée sur le territoire.

Elle n’est pas obligatoire non plus : une réservation d’hôtel la remplace. Si le visiteur paie son hébergement, aucune lettre n’est nécessaire.

Qui a besoin d’une lettre d’invitation ?

Les ressortissants de pays tiers soumis au visa Schengen (Algérie, Maroc, Tunisie, Sénégal, entre autres) qui séjournent chez un particulier en Espagne. Les voyageurs exemptés de visa peuvent aussi devoir justifier de leur hébergement lors du contrôle à la frontière. Les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse n’en ont jamais besoin.

Qui peut demander une lettre d’invitation ?

Qui peut demander une lettre d'invitation

Toute personne majeure établie légalement en Espagne : citoyen espagnol, citoyen de l’Union enregistré, ou étranger titulaire d’une autorisation de résidence en vigueur. L’hôte doit disposer d’un logement en Espagne (en propriété ou en location) et y être inscrit au registre municipal (empadronamiento). C’est lui, et lui seul, qui dépose la demande : l’invité n’intervient pas.

Documents que l’hôte présente au commissariat

Exigences pour demander une lettre d'invitation
  1. Formulaire officiel de demande, avec l’identité de l’hôte et de l’invité, le lien entre eux, les dates et l’adresse du séjour.
  2. Pièce d’identité de l’hôte : DNI pour un Espagnol ; passeport et TIE (ou certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union) pour un étranger résident.
  3. Certificat d’inscription au registre municipal récent, à l’adresse où l’invité sera hébergé.
  4. Titre de propriété ou contrat de location du logement.
  5. Copie du passeport de l’invité, en cours de validité.
  6. Dates prévues du séjour et, si elles existent déjà, les réservations de transport.
  7. Justificatif de paiement de la taxe administrative, actualisée chaque année et à la charge de l’hôte.
  8. Selon le commissariat : preuve du lien (acte de naissance, de mariage) ou explication écrite de la relation, et parfois des justificatifs de ressources de l’hôte.

De nombreux commissariats exigent un rendez-vous préalable (cita previa). Renseignez-vous dès que le voyage est envisagé : l’obtention d’un rendez-vous est souvent l’étape la plus lente.

Délais et validité

Le délai de délivrance varie selon la ville, la période de l’année et la charge du commissariat : comptez plusieurs semaines. Comme le consulat exige en général l’original, qu’il faut ensuite faire parvenir à l’invité, commencez la démarche un à deux mois avant la demande de visa.

La lettre couvre les dates déclarées dans la demande, dans la limite du court séjour Schengen : 90 jours maximum sur toute période de 180 jours. Fixez les dates avec soin, car elles doivent coïncider avec celles du visa et des billets.

La lettre d’invitation dans le dossier de visa Schengen

La lettre n’est utile que si le reste du dossier tient. Pour un visa de court séjour, l’invité dépose sa demande au consulat au plus tôt six mois et au plus tard quinze jours avant le voyage (art. 9.1 du règlement (CE) 810/2009), avec relevé de ses empreintes. Le consulat statue en quinze jours calendaires, délai prolongeable jusqu’à quarante-cinq jours (art. 23.1).

Le dossier de l’invité comprend, outre la lettre d’invitation : passeport, formulaire, photo, assurance voyage, billets aller-retour, justification des moyens de subsistance (montant journalier fixé chaque année par le ministère de l’Intérieur), motif et itinéraire du séjour, et surtout les preuves d’attaches dans le pays de résidence : emploi, famille, biens, études.

C’est là que la plupart des refus se jouent. Dans les consulats d’Alger, Casablanca, Rabat, Tunis ou Dakar, le motif le plus fréquent est le doute sur l’intention de quitter le territoire avant l’expiration du visa (art. 32.1.b du code des visas). Une lettre d’invitation, même parfaite, ne compense pas l’absence d’attaches documentées.

Si l’hôte souhaite aussi prendre en charge les frais du séjour, il peut signer un acte notarié de prise en charge économique (acta de sostenimiento económico). Ce document complète le dossier mais ne remplace pas la preuve des moyens propres du demandeur.

Responsabilité de l’hôte

En signant la demande, l’hôte déclare héberger l’invité pendant la période indiquée. Une lettre de complaisance, délivrée pour faciliter un séjour qui se prolongerait de manière irrégulière, expose l’hôte à une procédure de sanction au titre de la loi organique 4/2000 et l’invité à une mesure d’expulsion. N’invitez que des personnes dont vous connaissez le projet de voyage.

La lettre ne garantit pas non plus l’entrée en Espagne. Au poste frontière, la police vérifie le passeport, le visa, l’hébergement, les moyens et le motif du séjour, et peut refuser l’entrée si les conditions ne sont pas réunies. Le visiteur doit donc voyager avec l’ensemble de ses justificatifs.

Refus de la lettre ou refus du visa : que faire ?

Le commissariat peut refuser la lettre si le logement n’est pas justifié, si l’inscription municipale n’est pas à jour, si la situation administrative de l’hôte n’est pas régulière ou s’il existe un doute sur la finalité du séjour. Dans ce cas, une réservation d’hôtel permet de poursuivre la demande de visa.

Si c’est le visa qui est refusé, le consulat notifie sa décision sur le formulaire normalisé du code des visas, avec le motif coché. Deux voies s’ouvrent : le recours gracieux (recurso de reposición) dans le mois devant le consulat, ou le recours contentieux devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid dans les deux mois (arts. 123-124 loi 39/2015 ; art. 46 LJCA). Le refus est inscrit dans le système VIS pendant cinq ans ; le proche résidant en Espagne a qualité pour agir. Si les dates du voyage sont passées, le recours sert surtout à effacer l’antécédent ; une nouvelle demande, mieux documentée, est souvent la meilleure option.

Ce que nous faisons pour vous

  • Nous vous indiquons, pour votre commissariat, les documents à réunir et la marche à suivre pour la lettre d’invitation, que vous demandez vous-même.
  • Nous relisons le dossier de visa de votre invité avant le dépôt : hébergement, moyens, attaches, assurance, cohérence des dates.
  • Nous préparons, si utile, l’acte notarié de prise en charge économique.
  • En cas de refus de visa, nous analysons le motif coché et formons le recours gracieux ou le recours contentieux devant le TSJ de Madrid.
  • Si le projet est de s’installer durablement, nous vous orientons vers la bonne autorisation (regroupement familial, résidence de membre de la famille d’un citoyen espagnol, résidence non lucrative).

La consultation en ligne coûte 49 € TTC (30 minutes, déduits du devis si vous nous confiez le dossier). Toute mission fait l’objet d’un devis écrit et fermé avant toute démarche, dans une lettre de mission (hoja de encargo). Téléphone et WhatsApp : +34 611 55 64 96. Courriel : [email protected]. Bureaux à Madrid (Avenida del Mediterráneo 5, 1ºB, 28007) et à Séville.

Questions fréquentes

Qui délivre la lettre d’invitation en Espagne ?

La police nationale, au commissariat du lieu de résidence de l’hôte, sur demande de celui-ci. Ni un avocat, ni une agence, ni l’invité ne peuvent l’obtenir à sa place. Lexmovea n’émet pas de lettres d’invitation ; nous intervenons sur le dossier de visa et sur les recours.

Combien de temps faut-il pour obtenir une lettre d’invitation ?

Plusieurs semaines en général, selon le commissariat et la période de l’année, rendez-vous compris. Comme le consulat demande le plus souvent l’original, qu’il faut ensuite envoyer à l’invité, commencez un à deux mois avant la demande de visa.

Une réservation d’hôtel remplace-t-elle la lettre d’invitation ?

Oui. La lettre d’invitation n’est pas obligatoire : elle prouve l’hébergement chez un particulier. Si le visiteur loge à l’hôtel ou dans une location payée, la réservation suffit comme preuve d’hébergement.

La lettre d’invitation garantit-elle le visa Schengen ?

Non. Le consulat examine l’ensemble du dossier, notamment les moyens et les attaches dans le pays de résidence. Le motif de refus le plus fréquent à Alger, Casablanca, Rabat, Tunis ou Dakar est le doute sur l’intention de quitter le territoire avant l’expiration du visa (art. 32.1.b du règlement (CE) 810/2009), que la lettre ne compense pas.

Combien coûte une lettre d’invitation ?

L’hôte paie une taxe administrative, actualisée chaque année, au moment de la demande au commissariat. Lexmovea ne facture rien pour la lettre elle-même puisque nous ne la délivrons pas ; la consultation en ligne sur le dossier de visa coûte 49 € TTC.

Que faire si le visa est refusé malgré la lettre d’invitation ?

Vous pouvez former un recours gracieux dans le mois devant le consulat ou un recours contentieux devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid dans les deux mois. Le refus reste inscrit dans le système VIS pendant cinq ans ; selon le motif coché, une nouvelle demande mieux documentée est souvent plus efficace.

Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : règlement (CE) 810/2009 (arts. 9.1, 23.1 et 32.1.b) ; loi organique 4/2000 ; loi 39/2015 (arts. 123 et 124) ; LJCA (art. 46).