Vous préparez un voyage en Espagne depuis l’Algérie, le Maroc, la Tunisie ou le Sénégal, ou vous vivez en Espagne et souhaitez faire venir un proche pour quelques semaines : il vous faut un visa touristique Schengen, dit visa de court séjour ou visa C. Il est régi par le code des visas, le règlement (CE) 810/2009, et permet de séjourner jusqu’à 90 jours sur toute période de 180 jours dans l’ensemble de l’espace Schengen.
Le dossier paraît simple ; c’est pourtant le visa le plus souvent refusé dans les consulats d’Alger, de Casablanca, de Rabat, de Tunis ou de Dakar, presque toujours pour le même motif : le doute sur l’intention de quitter le territoire avant l’expiration du visa. Cette page détaille les conditions, les délais, les documents et surtout les recours.
Lexmovea, avocats en droit des étrangers à Madrid et Séville, relit votre dossier avant le dépôt et conteste les refus devant le consulat ou le Tribunal Superior de Justicia de Madrid.
Qu’est-ce que le visa Schengen de court séjour ?
Le visa Schengen autorise un ressortissant d’un pays tiers à entrer en Espagne et à circuler dans les États de l’espace Schengen pour un séjour de 90 jours au plus sur toute période de 180 jours. Il couvre le tourisme, les visites familiales, les voyages d’affaires, les événements culturels ou sportifs et les formations de moins de trois mois. Il ne permet pas de travailler.
La règle des 90 jours se calcule sur une fenêtre glissante : à chaque jour de présence, on regarde les 180 jours précédents, et le total de vos séjours ne doit pas dépasser 90 jours. Dépasser cette durée vous place en séjour irrégulier et compromet vos demandes futures.
Ai-je besoin d’un visa touristique pour l’Espagne ?
Non si vous êtes citoyen de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse. Pas davantage, pour un séjour de moins de 90 jours, si votre nationalité est exemptée de visa par le droit de l’Union. En revanche, les ressortissants de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Mali, de la Guinée, de la République démocratique du Congo ou d’Haïti, entre autres, doivent obtenir un visa même pour un court séjour.

Le consulat compétent est celui du pays où vous résidez légalement, pas celui de votre nationalité. Un Marocain installé en France dépose sa demande au consulat d’Espagne en France ; un Sénégalais résidant au Maroc, au consulat d’Espagne au Maroc. Le consulat vérifie cette résidence (titre de séjour, justificatif de domicile).
Quand et où déposer la demande
La demande se dépose au plus tôt six mois et au plus tard quinze jours avant le voyage (art. 9.1 du règlement (CE) 810/2009), en personne, auprès du consulat ou du prestataire externe qu’il a mandaté, avec relevé des empreintes digitales. Le consulat statue dans un délai de quinze jours calendaires, prolongeable jusqu’à quarante-cinq jours lorsqu’un examen plus approfondi est nécessaire (art. 23.1). Ne réservez pas de billets non remboursables avant la décision.
Les différents visas Schengen

- Tourisme et visite familiale : le plus courant. L’hébergement est justifié par une réservation d’hôtel ou par une lettre d’invitation demandée par votre hôte au commissariat.
- Affaires : réunions, salons, négociations, avec une lettre de l’entreprise invitante. Il n’autorise pas une activité salariée en Espagne.
- Études de moins de 90 jours : cours de langue ou formation courte, avec la lettre d’admission. Au-delà de 90 jours, il faut un visa d’études national.
- Transit aéroportuaire (type A) : pour certains ressortissants en correspondance dans un aéroport espagnol, sans entrer dans l’espace Schengen.
Documents à fournir
- Formulaire de demande de visa Schengen, rempli et signé.
- Photographie récente au format carte d’identité, en couleur, fond clair, de face, sans lunettes de soleil.
- Passeport valable au moins trois mois après la date prévue de sortie de l’espace Schengen, avec au moins deux pages vierges ; original et copie des pages de données.
- Assurance médicale de voyage couvrant les soins d’urgence et le rapatriement dans tout l’espace Schengen, pour toute la durée du séjour, avec une couverture minimale de 30 000 €.
- Preuve d’hébergement : réservation d’hôtel ou lettre d’invitation.
- Réservation de transport aller et retour, cohérente avec les dates demandées.
- Preuve des moyens de subsistance : relevés bancaires des derniers mois, certificat de travail et fiches de paie, pension, revenus d’activité ; ou acte notarié de prise en charge par l’hôte, en complément.
- Documents établissant le motif du voyage et, surtout, vos attaches dans le pays de résidence : contrat de travail et autorisation d’absence, inscription scolaire ou universitaire, titre de propriété, livret de famille, charges familiales.
- Preuve de résidence dans la circonscription consulaire (carte d’identité, titre de séjour, justificatif de domicile).
- Paiement des droits de visa, fixés par le code des visas.
Pour un mineur voyageant seul ou avec un seul parent, ajoutez l’autorisation de sortie du territoire signée par les titulaires de l’autorité parentale, selon les règles de votre pays.
Combien d’argent faut-il justifier ?

L’Espagne fixe chaque année, par arrêté du ministère de l’Intérieur, un montant journalier minimal par personne et un minimum par séjour. Le chiffre compte moins que la cohérence : un salaire régulier et des relevés stables convainquent davantage qu’un dépôt important effectué la veille du rendez-vous, que les consulats interprètent comme un prêt de complaisance. Si votre hôte en Espagne prend en charge vos frais, un acte notarié de prise en charge économique complète le dossier, sans remplacer vos propres justificatifs.
Le visa garantit-il l’entrée en Espagne ?
Non. À la frontière, la police vérifie de nouveau le passeport, le visa, l’hébergement, les moyens et le motif du séjour, et peut refuser l’entrée si les conditions ne sont pas réunies. Voyagez avec l’ensemble des justificatifs présentés au consulat. Un refus d’entrée à l’aéroport n’épuise pas la voie administrative : il peut faire l’objet d’un recours hiérarchique, et vous avez droit à un avocat et à un interprète gratuits (art. 22 de la loi organique 4/2000). Voir notre page rétention à l’aéroport.
Peut-on prolonger un visa touristique ?
Seulement à titre exceptionnel : force majeure, raisons humanitaires ou motifs personnels sérieux survenus après l’entrée (hospitalisation, accompagnement d’un proche malade, annulation de vols). La demande se présente avant l’expiration du visa auprès de la police ou du bureau de l’immigration, avec les justificatifs. Hors de ces cas, vous devez quitter l’espace Schengen avant la fin du séjour autorisé ; le simple souhait de rester plus longtemps n’est pas un motif.
Refus de visa : motifs et recours
Le consulat notifie le refus sur le formulaire normalisé de l’annexe VI du code des visas, en cochant un ou plusieurs motifs : objet du séjour non justifié, moyens insuffisants, assurance absente, 90 jours déjà épuisés, signalement aux fins de non-admission, menace pour l’ordre public, documents douteux. Le motif le plus fréquent dans les consulats du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest est le dernier de la liste : « votre volonté de quitter le territoire des États membres avant l’expiration du visa n’a pu être établie » (art. 32.1.b, dernier alinéa). C’est une appréciation de vos attaches, pas de vos papiers.
Vous disposez de deux voies : le recours gracieux (recurso de reposición) dans le mois devant le consulat, qui a un mois pour répondre, ou le recours contentieux devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid dans les deux mois (arts. 123-124 loi 39/2015 ; art. 46 LJCA), les consulats étant une administration à l’étranger. Pendant l’examen du recours gracieux, le contentieux n’est pas ouvert (art. 123.2). Le mois d’août ne compte pas pour introduire le recours contentieux (art. 128.2 LJCA). Le proche qui vous invite, résident en Espagne, a qualité pour agir à vos côtés. En cas de succès, la partie perdante est en principe condamnée aux dépens.
Deux points pratiques. D’abord, le fait que les dates du voyage soient passées ne fait pas perdre son objet au recours : selon la jurisprudence du TSJ de Madrid, le consulat doit alors fixer une nouvelle période de validité. Ensuite, chaque refus est inscrit dans le système VIS pendant cinq ans et sera vu par tous les consulats Schengen : un recours gagné efface cet antécédent. Pour autant, lorsque le motif coché est corrigeable, une nouvelle demande mieux documentée est souvent plus rapide qu’un procès. Nous vous aidons à choisir. Voir aussi notre page refus de visa.
Du visa touristique à un séjour plus long
Le visa Schengen n’est pas une porte d’entrée vers la résidence, mais certaines demandes peuvent être déposées depuis l’Espagne pendant un séjour régulier :
- Études : une autorisation de séjour pour études peut être demandée depuis l’Espagne au moins deux mois avant la fin du séjour légal et le début des cours ; la demande prolonge votre situation jusqu’à la décision (art. 54.3 RD 1155/2024).
- Profils de la loi 14/2013 (nomade digital, hautement qualifié, entrepreneur, chercheur) : la demande déposée depuis l’Espagne prolonge le séjour jusqu’à la décision de l’UGE, rendue en 20 jours ouvrables avec silence positif (art. 76).
- Famille d’un citoyen espagnol (conjoint, partenaire, parent d’un enfant espagnol) : la demande de résidence des arts. 93 à 99 du RD 1155/2024 peut être déposée alors que les deux se trouvent en Espagne (art. 97).
- Travail salarié classique avec contrat, ou résidence non lucrative : non. Ces autorisations exigent un visa national demandé au consulat du pays de résidence.
Ce que nous faisons pour vous
- Relecture complète du dossier avant le rendez-vous : hébergement, moyens, attaches, assurance, cohérence des dates et du motif.
- Préparation de la lettre d’invitation par votre hôte et, si utile, de l’acte notarié de prise en charge.
- Analyse du formulaire de refus et choix entre recours gracieux, recours contentieux devant le TSJ de Madrid et nouvelle demande.
- Représentation devant le TSJ de Madrid, avec demande de condamnation aux dépens.
- Orientation vers la bonne autorisation si votre projet est en réalité de vous installer en Espagne.
La consultation en ligne coûte 49 € TTC (30 minutes, déduits du devis si vous nous confiez le dossier). Toute mission fait l’objet d’un devis écrit et fermé avant toute démarche, dans une lettre de mission (hoja de encargo). Téléphone et WhatsApp : +34 611 55 64 96. Courriel : [email protected]. Bureaux à Madrid (Avenida del Mediterráneo 5, 1ºB, 28007) et à Séville.
Guide pratique : Visa refusé par le consulat d’Espagne : que faire dans le mois qui suit.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour obtenir un visa touristique pour l’Espagne ?
Le consulat statue en quinze jours calendaires à compter du dépôt d’une demande recevable, délai prolongeable jusqu’à quarante-cinq jours lorsqu’un examen approfondi est nécessaire (art. 23.1 du règlement (CE) 810/2009). Ajoutez le délai d’obtention du rendez-vous, variable selon le consulat.
Quand déposer la demande de visa Schengen pour l’Espagne ?
Au plus tôt six mois et au plus tard quinze jours avant la date du voyage (art. 9.1 du code des visas). Le dépôt se fait en personne, avec relevé des empreintes, au consulat d’Espagne du pays où vous résidez légalement ou auprès de son prestataire externe.
Combien d’argent faut-il sur son compte pour un visa touristique espagnol ?
L’Espagne fixe chaque année, par arrêté du ministère de l’Intérieur, un montant journalier minimal par personne et un minimum par séjour. Le consulat examine surtout la régularité et l’origine des fonds : des revenus stables sur plusieurs mois valent mieux qu’un dépôt récent. L’acte notarié de prise en charge d’un hôte complète le dossier sans remplacer vos propres moyens.
Pourquoi mon visa a-t-il été refusé pour « intention de quitter le territoire » ?
C’est le motif de l’art. 32.1.b du code des visas, le plus fréquent à Alger, Casablanca, Rabat, Tunis ou Dakar : le consulat estime que vos attaches dans votre pays (emploi, famille, biens, études) ne garantissent pas votre retour. Il se conteste par un recours ou par une nouvelle demande apportant ces preuves.
Que faire si mon visa touristique pour l’Espagne est refusé ?
Vous pouvez former un recours gracieux dans le mois devant le consulat, ou un recours contentieux devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid dans les deux mois. Le refus est inscrit dans le système VIS pendant cinq ans ; un recours gagné l’efface, mais une nouvelle demande mieux documentée est souvent plus rapide si le motif est corrigeable.
Un Marocain résidant en France doit-il demander son visa au Maroc ?
Non. Le consulat compétent est celui du pays de résidence légale, donc le consulat d’Espagne en France, qui vérifiera votre titre de séjour français. La nationalité détermine seulement si un visa est nécessaire.
Peut-on passer d’un visa touristique à une résidence en Espagne ?
Dans certains cas seulement : autorisation d’études demandée depuis l’Espagne deux mois avant la fin du séjour (art. 54.3 RD 1155/2024), autorisations de la loi 14/2013 (nomade digital, hautement qualifié, entrepreneur) dont la demande prolonge le séjour, ou résidence de membre de la famille d’un citoyen espagnol (arts. 93 à 99). Le travail salarié classique et la résidence non lucrative exigent un visa national demandé au consulat.
Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : règlement (CE) 810/2009 (arts. 9.1, 23.1, 32.1.b et annexe VI) ; loi organique 4/2000 (art. 22) ; RD 1155/2024 (arts. 54.3, 93 à 99 et disposition additionnelle 9) ; loi 14/2013 (art. 76) ; loi 39/2015 (arts. 123 et 124) ; LJCA (arts. 46 et 128.2).