Visiter l’Espagne quelques semaines, y étudier, y travailler, y prendre sa retraite ou rejoindre sa famille : à chaque projet correspond un visa, et se tromper de catégorie coûte des mois. Cette page classe les visas pour l’Espagne tels qu’ils existent en 2026 et vous renvoie vers nos pages détaillées.
Deux grandes familles coexistent. Les visas de court séjour (Schengen), pour 90 jours au plus sur toute période de 180 jours, relèvent du code des visas (règlement (CE) 810/2009). Les visas nationaux de long séjour (études, résidence, travail) relèvent de la loi organique 4/2000 et de son règlement d’application, le RD 1155/2024, en vigueur depuis le 20 mai 2025, ou de la loi 14/2013 pour les profils qualifiés. La Golden Visa, elle, a été supprimée le 3 avril 2025.
Lexmovea, avocats en droit des étrangers à Madrid et Séville, vous aide à choisir la bonne voie, à constituer le dossier et à contester un refus devant le consulat ou le Tribunal Superior de Justicia de Madrid.
Quel visa pour quel projet ?
- Moins de 90 jours (tourisme, affaires, visite familiale) : visa Schengen, sauf nationalité exemptée.
- Étudier plus de 90 jours : visa d’études.
- Vivre en Espagne sans y travailler (retraités, rentiers) : visa de résidence non lucrative.
- Travailler pour un employeur espagnol : visa de résidence et travail avec contrat, ou autorisation de professionnel hautement qualifié.
- Télétravailler pour une entreprise étrangère : visa de nomade digital.
- Créer une entreprise innovante : visa d’entrepreneur.
- Rejoindre un conjoint, un parent ou un enfant : regroupement familial, ou résidence de membre de la famille d’un citoyen espagnol.
- Investir dans l’immobilier : plus possible depuis le 3 avril 2025 (fin de la Golden Visa).

Visas de court séjour (Schengen)
Visa touristique Schengen (type C)
C’est le visa des séjours de 90 jours au plus sur 180 : tourisme, visite familiale, voyage d’affaires, événement, formation courte. Les citoyens de l’Union, de l’Espace économique européen et de la Suisse n’en ont jamais besoin, et de nombreuses nationalités en sont exemptées ; les ressortissants d’Algérie, du Maroc, de Tunisie ou du Sénégal doivent le demander.
La demande se dépose au consulat d’Espagne du pays de résidence au plus tôt six mois et au plus tard quinze jours avant le voyage (art. 9.1 du règlement (CE) 810/2009), avec relevé des empreintes. Le consulat statue en quinze jours calendaires, prolongeables jusqu’à quarante-cinq (art. 23.1). Le dossier comprend le passeport, le formulaire, une photo, une assurance voyage (couverture minimale de 30 000 €), la preuve d’hébergement (réservation ou lettre d’invitation), les billets, la preuve des moyens et des attaches dans le pays de résidence, et le paiement des droits de visa fixés par le code des visas.

Visa de transit aéroportuaire (type A)
Il concerne les ressortissants de certains pays qui font escale dans un aéroport espagnol sans entrer dans l’espace Schengen, le temps d’une correspondance dans la zone internationale. Il ne permet pas de sortir de l’aéroport.
Visas nationaux de long séjour
Au-delà de 90 jours, le visa est national : il est délivré par le consulat d’Espagne une fois l’autorisation correspondante accordée (ou en même temps qu’elle, selon la procédure), et il permet d’entrer en Espagne pour y demander la carte d’identité d’étranger (TIE) dans le mois lorsque le séjour dépasse six mois (art. 209 RD 1155/2024). Lorsque l’autorisation est refusée, le consulat refuse le visa et notifie les deux décisions avec l’indication des recours (art. 28.10 RD 1155/2024).
Visa d’études
Pour suivre des études, un stage non rémunéré, une recherche ou un volontariat de plus de 90 jours (arts. 34 à 36 et 52 à 58 RD 1155/2024). Il faut l’admission dans un établissement reconnu avec inscription payée, des moyens de 100 % de l’IPREM par mois (environ 600 € en 2026), une assurance auprès d’un assureur autorisé en Espagne et, pour les séjours de plus de six mois, un casier judiciaire et un certificat médical. L’autorisation dure le temps des études et peut être prolongée.
Visa de résidence non lucrative
Pour vivre en Espagne sans y exercer d’activité : retraités, rentiers, familles disposant de revenus à l’étranger (arts. 61 à 64 RD 1155/2024). Il faut justifier 400 % de l’IPREM par mois, soit environ 2 400 € en 2026 (28 800 € par an), plus environ 600 € par mois par membre de la famille, et une assurance maladie auprès d’un assureur autorisé en Espagne. L’autorisation initiale dure un an et se renouvelle pour deux ans. Attention : télétravailler sous ce statut est incompatible avec sa nature ; le visa de nomade digital est alors la bonne voie.
Visa de résidence et de travail avec contrat
Lorsqu’un employeur espagnol vous embauche depuis l’étranger, c’est lui qui demande l’autorisation initiale de résidence et de travail (art. 74 RD 1155/2024), sous réserve de la situation nationale de l’emploi (catalogue trimestriel des professions difficiles à pourvoir ou certificat du service de l’emploi, art. 75). Le visa suit l’autorisation. Après la première période, le renouvellement est accordé pour quatre ans.
Visas de la loi 14/2013 : profils qualifiés et entrepreneurs
La loi 14/2013 (mobilité internationale) organise des procédures rapides devant l’Unité des grandes entreprises (UGE) : décision en 20 jours ouvrables, silence positif, recours hiérarchique en cas de refus (art. 76). Si vous êtes déjà en Espagne en situation régulière, par exemple comme touriste, la demande prolonge votre séjour jusqu’à la décision. Les principales autorisations :
- Professionnel hautement qualifié et carte bleue européenne (art. 71) : diplôme supérieur ou expérience équivalente, contrat au-dessus d’un seuil salarial fixé par le ministère et révisé chaque année ; autorisation de trois ans.
- Nomade digital (arts. 74 bis et suivants) : télétravail pour des entreprises établies hors d’Espagne, revenus d’au moins 200 % du SMI (environ 2 849 € bruts par mois en 2026) ; visa d’un an au plus depuis le consulat, ou autorisation de trois ans depuis l’Espagne.
- Entrepreneur (art. 70) : projet innovant ou d’intérêt économique particulier, avec rapport favorable d’ENISA.
- Chercheur (art. 72) et transfert intra-entreprise (art. 73) : convention d’accueil avec un organisme de recherche, ou détachement au sein d’un groupe après trois mois de relation avec celui-ci.
Visas familiaux
Le regroupement familial (arts. 65 à 71 RD 1155/2024) permet à un étranger résidant en Espagne depuis un an, et ayant demandé le renouvellement de son titre, de faire venir son conjoint ou partenaire, ses enfants mineurs ou dépendants et ses ascendants à charge ; il faut justifier 150 % de l’IPREM pour deux personnes (environ 900 € par mois en 2026) plus 50 % par personne supplémentaire, un rapport de logement adéquat et une assurance. La décision intervient en deux mois (silence négatif). Les membres de la famille d’un citoyen espagnol relèvent d’un régime distinct et plus favorable, celui des arts. 93 à 99 du RD 1155/2024 : autorisation de cinq ans, procédure gratuite et prioritaire.
Autres visas nationaux
- Visa de caractère extraordinaire : délivré par le ministère des Affaires étrangères pour des raisons exceptionnelles liées à la politique extérieure, à la sécurité ou à la santé publique ; durée d’un an au plus.
- Visa pour activités religieuses : ministres du culte, religieux profès et membres de la hiérarchie d’entités religieuses inscrites, dispensés d’autorisation de travail.
- Golden Visa : supprimée le 3 avril 2025 par la loi organique 1/2025. Aucune nouvelle demande n’est admise ; seuls les titulaires peuvent encore renouveler leur autorisation selon le régime transitoire. Les investisseurs se tournent aujourd’hui vers la résidence non lucrative, le visa d’entrepreneur ou le nomade digital.

Recherche d’emploi : ce qui existe en 2026
L’ancien « visa de recherche d’emploi » d’un an, y compris celui réservé aux descendants d’Espagnols, ne constitue plus la voie générale. En 2026, la résidence pour recherche d’emploi ou projet d’entreprise s’adresse aux personnes qui ont terminé en Espagne des études de niveau 6 du cadre européen (licence ou plus) : elle dure 24 mois non prorogeables, se demande dans les 60 jours naturels avant ou les 90 jours après la fin du séjour d’études et se décide en 20 jours avec silence positif (disposition additionnelle 17 de la loi 14/2013). Si un employeur vous recrute pendant cette période, la demande d’autorisation de résidence et de travail se fait depuis l’Espagne. Les enfants et petits-enfants d’Espagnols d’origine disposent, eux, de la résidence de membre de la famille d’un citoyen espagnol (art. 94.1.h RD 1155/2024) ou d’un accès facilité à la nationalité (art. 22.2.f du Code civil).
Comment demander un visa pour l’Espagne
- Identifier la catégorie selon le projet et la durée ; vérifier si votre nationalité est exemptée pour un court séjour.
- Constituer le dossier : passeport, formulaire, photo, assurance, moyens, justificatifs du projet (admission, contrat, lien familial), documents traduits et légalisés ou apostillés.
- Déposer au consulat d’Espagne compétent pour votre lieu de résidence, en personne et sur rendez-vous ; pour les visas de long séjour, l’autorisation est parfois demandée d’abord en Espagne (par l’employeur, le regroupant ou l’UGE).
- Payer la taxe et attendre la décision dans le délai propre à chaque visa.
- Retirer le visa, entrer en Espagne et demander la TIE dans le mois si le séjour dépasse six mois.
Refus de visa : vos recours
Un refus de visa se conteste par un recours gracieux (recurso de reposición) dans le mois devant le consulat, ou par un recours contentieux devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid dans les deux mois (arts. 123-124 loi 39/2015 ; art. 46 LJCA), les consulats étant une administration à l’étranger. Pour les visas Schengen, le refus est inscrit dans le système VIS pendant cinq ans et le motif le plus fréquent est le doute sur l’intention de quitter le territoire (art. 32.1.b du code des visas). Pour les visas nationaux, lorsque le refus tient à l’autorisation (par exemple l’avis de police sur un dossier d’études), c’est l’autorisation qu’il faut attaquer, pas le visa.
Ce que nous faisons pour vous
- Choix de la bonne catégorie de visa selon votre projet, votre nationalité et votre calendrier.
- Constitution et relecture du dossier avant le dépôt au consulat (Alger, Casablanca, Rabat, Tunis, Dakar, Paris, Bruxelles, Montréal…).
- Demande des autorisations préalables en Espagne : UGE, bureau de l’immigration, regroupement.
- Recours gracieux ou contentieux devant le TSJ de Madrid en cas de refus.
- Suivi après l’arrivée : TIE, inscription municipale, renouvellements.
La consultation en ligne coûte 49 € TTC (30 minutes, déduits du devis si vous nous confiez le dossier). Toute mission fait l’objet d’un devis écrit et fermé avant toute démarche, dans une lettre de mission (hoja de encargo). Téléphone et WhatsApp : +34 611 55 64 96. Courriel : [email protected]. Bureaux à Madrid (Avenida del Mediterráneo 5, 1ºB, 28007) et à Séville.
Guides pratiques :
- Titre de séjour français : comment s’installer légalement en Espagne
- Visa refusé par le consulat d’Espagne : que faire dans le mois qui suit
Questions fréquentes
Ai-je besoin d’un visa pour aller en Espagne ?
Non si vous êtes citoyen de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse, ni pour un séjour de moins de 90 jours si votre nationalité est exemptée (Canada, Royaume-Uni, nombreux pays d’Amérique latine). Les ressortissants d’Algérie, du Maroc, de Tunisie ou du Sénégal ont besoin d’un visa Schengen même pour un court séjour. Au-delà de 90 jours, tout ressortissant d’un pays tiers a besoin d’un visa national.
Peut-on encore obtenir la Golden Visa en Espagne ?
Non. La loi organique 1/2025 a supprimé le visa d’investisseur avec effet au 3 avril 2025. Seuls les titulaires peuvent renouveler leur autorisation selon le régime transitoire. Les alternatives sont la résidence non lucrative, le visa d’entrepreneur et le visa de nomade digital.
Combien de temps prend l’obtention d’un visa pour l’Espagne ?
Pour un visa Schengen, le consulat statue en quinze jours calendaires, prolongeables à quarante-cinq (art. 23.1 du code des visas). Pour un visa national, il faut ajouter le délai de l’autorisation : un mois pour la résidence non lucrative, deux mois pour le regroupement familial, vingt jours ouvrables devant l’UGE pour les profils de la loi 14/2013, puis la délivrance du visa par le consulat.
Que faire si mon visa pour l’Espagne est refusé ?
Vous pouvez former un recours gracieux dans le mois devant le consulat ou un recours contentieux devant le Tribunal Superior de Justicia de Madrid dans les deux mois. Pour un visa Schengen, le refus est inscrit dans le système VIS pendant cinq ans ; une nouvelle demande mieux documentée est souvent plus rapide. Pour un visa national refusé à cause de l’autorisation, c’est l’autorisation qu’il faut contester.
Peut-on changer de statut en Espagne avec un visa touristique ?
Partiellement. Les autorisations de la loi 14/2013 (hautement qualifié, nomade digital, entrepreneur) se demandent depuis l’Espagne en situation régulière et la demande prolonge le séjour. Une autorisation d’études peut aussi être demandée depuis l’Espagne, deux mois au moins avant la fin du séjour légal (art. 54.3 RD 1155/2024). Une autorisation de travail classique avec contrat exige en revanche de passer par le consulat.
Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : règlement (CE) 810/2009 (arts. 9.1, 23.1 et 32.1.b) ; loi organique 4/2000 ; RD 1155/2024 (arts. 28.10, 34 à 36, 52 à 58, 61 à 64, 65 à 71, 74 et 75, 93 à 99, 209) ; loi 14/2013 (arts. 70 à 76 et disposition additionnelle 17) ; loi organique 1/2025 ; Code civil (art. 22) ; loi 39/2015 (arts. 123 et 124) ; LJCA (art. 46).