Vous êtes admis dans une université ou une école en Espagne et vous n’êtes pas citoyen européen ? Il vous faut une autorisation de séjour pour études et, si vous êtes à l’étranger, le visa d’études qui l’accompagne. Depuis le 20 mai 2025, la matière est régie par les articles 52 à 58 du RD 1155/2024 (le visa par ses articles 34 à 36). Cette page s’adresse en particulier aux étudiants sénégalais, camerounais, ivoiriens, algériens, marocains et tunisiens, dont les dossiers passent par les consulats d’Espagne de Dakar, Yaoundé, Abidjan, Alger, Oran, Casablanca, Rabat ou Tunis, et à leurs familles qui les financent.
Trois nouveautés comptent depuis le nouveau règlement : l’autorisation couvre toute la durée des études, l’étudiant de l’enseignement supérieur peut travailler jusqu’à 30 heures par semaine, et le passage vers le travail après le diplôme se fait sans visa, avec une autorisation provisoire de travail dès l’admission du dossier.

Les conditions de l’autorisation de séjour pour études
- Être admis dans un établissement d’enseignement supérieur reconnu et avoir payé les droits d’inscription (article 53.1.a). D’autres formations (formation professionnelle, échanges, volontariat, stages, préparation à l’habilitation professionnelle) ouvrent aussi le séjour pour études, avec leurs propres conditions.
- Ne pas représenter une menace pour l’ordre public : absence de condamnation en Espagne et rapport de police, dont les antécédents ne peuvent pas motiver seuls un refus (articles 53.2 et 54.4).
- Avoir payé la taxe (article 53.3).
Les conditions supplémentaires du visa (article 35)
- Passeport valable au moins un an.
- Moyens de subsistance : 100 % de l’IPREM par mois, soit environ 600 euros en 2026, pour toute la durée du séjour, plus 75 % pour le premier membre de la famille accompagnant et 50 % pour chacun des suivants. Les ressources peuvent venir d’une bourse, de l’étudiant ou de sa famille : les tribunaux admettent le financement par un parent solvable et refusent les dossiers dont l’épargne ne couvre pas toute la durée des études.
- Assurance maladie souscrite auprès d’un assureur autorisé en Espagne.
- Casier judiciaire des pays de résidence des cinq dernières années, légalisé ou apostillé et traduit, si vous êtes majeur et que le séjour dépasse six mois.
- Certificat médical (règlement sanitaire international de 2005), et ne pas figurer comme non admissible dans l’espace Schengen.
Un parent ou un proche résidant en Espagne peut appuyer le dossier par un acte notarié de prise en charge ; il ne remplace pas la preuve des moyens, mais la complète.

Trois façons de demander, trois délais
- Depuis votre pays, au consulat d’Espagne (article 36) : la demande de visa vaut demande d’autorisation ; le bureau de l’immigration en Espagne statue, puis le consulat dispose de sept jours pour délivrer le visa à compter de la communication de la décision. Si l’autorisation est refusée, le consulat notifie les deux refus avec l’indication des recours (article 28.10). Déposez tôt : les rendez-vous consulaires et l’instruction prennent plusieurs semaines.
- Depuis l’Espagne, si vous y séjournez régulièrement (article 54) : possible pour les études supérieures, en étant majeur, au moins deux mois avant le début des cours et deux mois avant l’expiration de votre séjour légal (par exemple vos 90 jours de touriste, ce qui laisse peu de marge). Décision en deux mois, silence négatif ; la demande prolonge votre séjour jusqu’à la décision.
- Par l’établissement d’enseignement supérieur inscrit au registre prévu à cet effet (article 54.6), par voie électronique : décision en quinze jours.
Les causes de refus sont limitées (article 54.8) : conditions non remplies, documents faux ou déclarations inexactes, établissement non reconnu. L’autorisation dure le temps des études (article 55) ; si le séjour dépasse six mois, vous demandez la carte d’identité d’étranger (TIE) dans le mois suivant l’entrée. Les études de plusieurs années ne nécessitent plus de prolongation annuelle ; voir néanmoins prolongation du séjour pour études lorsque le programme s’allonge.
Travailler pendant les études
L’étudiant de l’enseignement supérieur peut exercer une activité salariée ou indépendante compatible avec ses études, dans la limite de 30 heures par semaine, sans autorisation de travail distincte (article 57). C’est un changement important par rapport à l’ancien règlement, qui exigeait une autorisation spécifique. Le contrat doit respecter le salaire minimum ou la convention collective en proportion des heures.

Après le diplôme : rester en Espagne
- Passer au travail salarié ou indépendant (article 190 du RD 1155/2024) : avec le diplôme obtenu, sans visa, en remplissant les conditions d’un contrat ordinaire hors situation nationale de l’emploi. La demande se dépose dans les deux mois précédant ou les trois mois suivant la fin du séjour d’études ou l’obtention du diplôme, par vous ou par l’employeur. Dès son admission, votre séjour devient une autorisation provisoire de résidence et de travail à temps plein (article 190.7). L’autorisation accordée dure un an et prend effet avec l’affiliation à la sécurité sociale. Voir du séjour d’études au travail salarié.
- Chercher un emploi ou créer une entreprise (disposition additionnelle 17 de la loi 14/2013) : les diplômés de niveau licence (niveau 6) obtiennent une autorisation de 24 mois non prorogeable, demandée dans les soixante jours avant ou les quatre-vingt-dix jours après la fin du séjour d’études, décidée en vingt jours avec silence positif. Voir résidence pour recherche d’emploi.
- Faire un stage (disposition additionnelle 18) : convention ou contrat de stage dans les deux ans suivant le diplôme, autorisation de douze mois renouvelable une fois. Voir du séjour d’études à la résidence pour stage.
- Emploi qualifié : une offre de cadre ou d’ingénieur ouvre directement l’autorisation de professionnel hautement qualifié devant l’UGE.
Deux limites à connaître : le séjour pour études ne compte pas comme résidence pour la nationalité, et il compte seulement pour moitié pour la résidence de longue durée européenne. La résidence légale commence avec la première autorisation de résidence.
Famille de l’étudiant
Le conjoint, le partenaire et les enfants mineurs peuvent accompagner l’étudiant (article 56), en justifiant des moyens supplémentaires indiqués plus haut. Leur séjour suit celui de l’étudiant et peut être converti en même temps que le sien lors du passage au travail (article 190.5).
Refus : vos recours
Les refus portent le plus souvent sur les moyens (épargne insuffisante pour toute la durée, origine des fonds), sur un rapport de police, ou sur des doutes quant au projet d’études. Point de méthode : lorsque le refus vient d’un rapport de police, c’est le bureau de l’immigration qui l’a apprécié, et c’est l’autorisation qu’il faut contester, non le visa. Vous disposez d’un mois pour un recours gracieux ou de deux mois pour un recours contentieux ; pour le visa, devant le Tribunal supérieur de justice de Madrid, qui a donné raison en 2026 à plusieurs étudiants financés par un parent solvable. Voir refus de visa.
Ce que nous faisons pour vous
- Vérifier en consultation la voie (consulat, Espagne ou établissement), le calendrier et le calcul des moyens pour toute la durée des études, y compris le financement par la famille.
- Constituer le dossier : admission et frais payés, assurance acceptée, casier judiciaire et certificat médical légalisés et traduits, acte de prise en charge si utile.
- Suivre l’instruction, répondre aux demandes de pièces et préparer la TIE à l’arrivée.
- Organiser l’après-diplôme : passage au travail, recherche d’emploi, stage ou emploi qualifié, et former les recours en cas de refus.
La première étape est une consultation en ligne de 30 minutes à 49 € TTC, déduits du devis si vous nous confiez le dossier. Les honoraires sont fixés par écrit avant toute démarche. Nous travaillons avec les étudiants et leurs parents, en français, où qu’ils se trouvent.
Questions fréquentes
Combien d’argent faut-il justifier pour un visa étudiant en Espagne ?
100 % de l’IPREM par mois, soit environ 600 euros en 2026, pour toute la durée du séjour, plus 75 % pour le premier membre de la famille accompagnant et 50 % pour les suivants (article 35 RD 1155/2024). Le financement par un parent solvable est admis ; une épargne qui ne couvre pas toute la durée des études est refusée.
Un étudiant étranger peut-il travailler en Espagne ?
Oui. L’étudiant de l’enseignement supérieur peut travailler jusqu’à 30 heures par semaine, à condition que l’activité soit compatible avec ses études, sans autorisation de travail distincte (article 57 RD 1155/2024).
Peut-on demander le séjour pour études depuis l’Espagne en touriste ?
Oui, pour les études supérieures, si vous êtes majeur et en situation régulière, au moins deux mois avant le début des cours et deux mois avant l’expiration de votre séjour légal (article 54). La décision intervient en deux mois et la demande prolonge votre séjour.
Combien de temps dure l’autorisation de séjour pour études ?
La durée des études (article 55). Si le séjour dépasse six mois, il faut demander la carte d’identité d’étranger dans le mois suivant l’entrée. Les programmes de plusieurs années ne nécessitent plus de prolongation annuelle.
Que faire après le diplôme pour rester en Espagne ?
Passer au travail salarié ou indépendant sans visa (article 190, avec autorisation provisoire de travail dès l’admission du dossier), demander la résidence de recherche d’emploi de 24 mois (disposition additionnelle 17 loi 14/2013), un stage (disposition additionnelle 18) ou, avec une offre qualifiée, l’autorisation de professionnel hautement qualifié.
Les années d’études comptent-elles pour la nationalité espagnole ?
Non. Le séjour pour études n’est pas une résidence : il ne compte pas pour la nationalité, et seulement pour moitié pour la résidence de longue durée européenne. La résidence légale commence avec la première autorisation de résidence.
Mon visa étudiant a été refusé au consulat : que faire ?
Lire le motif. Si le refus vient d’un rapport de police, c’est l’autorisation du bureau de l’immigration qu’il faut contester. Vous avez un mois pour un recours gracieux ou deux mois pour un recours contentieux, devant le Tribunal supérieur de justice de Madrid pour le visa. Les tribunaux ont donné raison en 2026 à des étudiants financés par un parent solvable.
Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : RD 1155/2024 (articles 28.10, 34 à 36, 52 à 58, 176, 190 et 209), loi 14/2013 (dispositions additionnelles 17 et 18), directive (UE) 2016/801, loi 39/2015 (articles 123 et 124), loi 29/1998 (article 46).