S’installer en Espagne, c’est aussi changer de résidence fiscale. Pour un Français, un Belge, un Suisse ou un Québécois, la question se pose dès la première année : où suis-je imposé, sur quels revenus, et quel régime choisir ? Le titre de séjour et la fiscalité avancent ensemble : un statut mal choisi peut fermer l’accès à un régime favorable comme la loi Beckham, ou créer une double résidence fiscale coûteuse.
Lexmovea est un cabinet d’avocats en droit des étrangers, à Madrid et à Séville. Notre service de fiscalité internationale est un service d’accompagnement : nous identifions les questions fiscales que soulève votre projet de mobilité, nous les traitons avec des conseillers fiscaux (asesores fiscales) et nous veillons à ce que votre dossier d’immigration et votre situation fiscale restent cohérents.
Cette page présente les situations que nous rencontrons le plus souvent. Elle ne remplace pas l’analyse de votre cas : les règles et les seuils de la fiscalité espagnole changent chaque année et varient selon la communauté autonome où vous vivez.
Résidence fiscale : la première question à trancher
La résidence fiscale ne se confond pas avec la résidence administrative. Détenir une autorisation de résidence ou un certificat d’enregistrement ne fait pas de vous un résident fiscal ; à l’inverse, on peut le devenir sans aucun titre de séjour, simplement en vivant en Espagne.
En règle générale, la résidence fiscale espagnole s’apprécie année civile par année civile, selon la durée de présence sur le territoire (plus de 183 jours), le centre des intérêts économiques et, à titre de présomption, la résidence du conjoint et des enfants mineurs. Le résident fiscal est imposé sur ses revenus mondiaux ; le non-résident uniquement sur ses revenus de source espagnole.
Lorsque deux États vous considèrent résident la même année, la convention fiscale conclue entre eux départage. L’Espagne a signé des conventions de non double imposition avec la France, la Belgique, la Suisse et le Canada, entre autres. Leur lecture conditionne l’imposition de vos salaires, pensions, dividendes et loyers.

Les situations que nous accompagnons
Salariés et cadres transférés : la loi Beckham
Le régime des impatriés (art. 93 LIRPF) permet à celui qui s’installe en Espagne pour y travailler d’être imposé comme un non-résident pendant six exercices : 24 % jusqu’à 600 000 € de revenus, 47 % au-delà, impôt sur le patrimoine limité aux biens situés en Espagne, dispense du formulaire 720. Il faut ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des cinq exercices précédents et déposer le formulaire 149 dans les six mois suivant l’affiliation à la Sécurité sociale. Tout est détaillé sur notre page loi Beckham.
Télétravailleurs et nomades digitaux
Le visa de télétravail international (art. 74 bis et suivants de la loi 14/2013) s’adresse à ceux qui travaillent à distance pour des entreprises établies hors d’Espagne, avec au plus 20 % d’activité pour des entreprises espagnoles. Il exige des ressources d’environ 2 849 € bruts par mois en 2026 (200 % du SMI). Sur le plan fiscal, deux points comptent. D’abord, le nomade salarié d’une entreprise étrangère peut opter pour la loi Beckham ; le nomade indépendant, non. Ensuite, la couverture sociale passe soit par l’inscription de l’employeur étranger comme entreprise non résidente, soit par un certificat de couverture délivré au titre d’une convention bilatérale, soit, pour l’indépendant, par le régime espagnol des travailleurs indépendants (RETA). Voir notre page nomade digital.
Retraités et rentiers : la résidence non lucrative
La résidence non lucrative (art. 61 à 64 RD 1155/2024) exige des ressources d’environ 2 400 € par mois pour le titulaire et 600 € par membre de la famille (400 % et 100 % de l’IPREM 2026) ainsi qu’une assurance maladie, et interdit toute activité professionnelle, télétravail compris. Le point fiscal décisif est l’imposition de la pension : selon la convention applicable et la nature de la pension, elle reste imposable dans le pays d’origine ou devient imposable en Espagne. Ce point se vérifie avant de déménager, pas lors de la première déclaration.
Propriétaires non-résidents
Acheter un appartement à Séville ou une maison sur la côte sans s’installer en Espagne crée des obligations fiscales de non-résident sur ce bien, qu’il soit loué ou non. Nous vous orientons vers les déclarations à déposer et vérifions l’incidence sur votre statut si vous décidez ensuite de vous installer.
Entrepreneurs et dirigeants
Créer une société en Espagne ou y transférer la direction d’une entreprise pose la question de la résidence fiscale de la société, de la rémunération du dirigeant et du régime applicable à ce dernier : la loi Beckham est ouverte aux administrateurs et aux entrepreneurs au sens de l’article 70 de la loi 14/2013 (activité innovante avec rapport favorable d’ENISA). Voir créer une entreprise en Espagne.
Obligations déclaratives à connaître

- Impôt sur le revenu (IRPF) : déclaration annuelle des résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux, pendant la campagne de l’impôt sur le revenu.
- Formulaire 720 : déclaration informative des biens et droits situés à l’étranger (comptes, immeubles, placements) au-delà des seuils fixés par la réglementation. Les titulaires du régime Beckham en sont dispensés.
- Impôt sur le patrimoine : ses règles et exonérations dépendent de la communauté autonome de résidence ; sous la loi Beckham, il ne porte que sur les biens situés en Espagne.
- Impôt des non-résidents : pour les revenus de source espagnole des personnes qui ne sont pas résidentes fiscales, par exemple un bien immobilier.
- Sécurité sociale : le salarié est affilié par son employeur ; l’indépendant cotise au RETA ; le travailleur détaché ou le télétravailleur peut rester affilié dans son pays d’origine avec un certificat de couverture délivré au titre d’une convention bilatérale ou des règles européennes de coordination.
Ce que nous faisons pour vous
- Diagnostic de résidence fiscale et calendrier d’installation : date d’arrivée, affiliation, délai de six mois pour la loi Beckham.
- Choix du titre de séjour compatible avec votre projet fiscal : nomade digital salarié, contrat de travail, hautement qualifié ou résidence non lucrative.
- Lecture de la convention applicable (France, Belgique, Suisse, Canada) pour vos pensions, salaires, dividendes et loyers, avec les conseillers fiscaux qui travaillent avec le cabinet.
- Mise en place des déclarations : IRPF, formulaire 720, impôt sur le patrimoine, impôt des non-résidents.
- Suivi des changements : fin du régime Beckham, retour dans le pays d’origine, acquisition d’un bien.
Ce que nous ne faisons pas : des montages d’optimisation agressive. Notre rôle est de sécuriser votre installation et d’éviter la double imposition, les oublis déclaratifs et les régularisations. L’installation matérielle (logement, école, banque) relève de notre service de relocation.
Première étape : une consultation en ligne de 30 minutes (49 € TTC), déduite du devis si vous nous confiez le dossier. Nos honoraires font l’objet d’un devis écrit et fermé, avant toute démarche, dans une lettre de mission (hoja de encargo).
Questions fréquentes
Quand devient-on résident fiscal en Espagne ?
En règle générale, lorsque vous passez plus de 183 jours de l’année civile en Espagne ou que votre centre d’intérêts économiques s’y trouve. La résidence du conjoint et des enfants mineurs en Espagne crée une présomption. La résidence fiscale est indépendante du titre de séjour.
Un résident fiscal en Espagne doit-il déclarer ses revenus français ?
Oui. Le résident fiscal espagnol est imposé sur ses revenus mondiaux. La convention fiscale entre la France et l’Espagne répartit le droit d’imposer et prévoit les mécanismes qui évitent la double imposition.
La loi Beckham s’applique-t-elle aux retraités ?
Non. Elle suppose une installation en Espagne pour un motif professionnel : contrat de travail, mandat d’administrateur, activité d’entrepreneur ou de professionnel hautement qualifié. Un retraité relève du régime général et de la convention applicable à sa pension.
Qu’est-ce que le formulaire 720 ?
Une déclaration informative annuelle des biens et droits situés à l’étranger (comptes, immeubles, placements) que déposent les résidents fiscaux en Espagne au-delà de certains seuils. Les titulaires du régime Beckham en sont dispensés.
Un nomade digital paie-t-il ses impôts en Espagne ?
S’il devient résident fiscal espagnol, oui, sur ses revenus mondiaux. S’il est salarié d’une entreprise étrangère, il peut opter pour la loi Beckham dans les six mois suivant son affiliation. L’indépendant relève du régime général et cotise au RETA.
Lexmovea remplace-t-il un expert-comptable ?
Non. Nous sommes un cabinet d’avocats en droit des étrangers. Nous coordonnons votre dossier d’immigration avec son volet fiscal et travaillons avec des conseillers fiscaux pour les déclarations.
Dernière révision : 27 octobre 2026. Textes de référence : art. 93 de la loi 35/2006 (LIRPF) ; loi 14/2013 (art. 70, 74 bis et suivants) ; RD 1155/2024 (art. 61 à 64).